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12 novembre 2012

Université d’automne : réflexions et émotions fortes pour une édition 2012 réussie

L’université d’automne du SNUipp a refermé ses portes...Encore une édition très réussie qui a permis de faire le plein des différents regards portés par la recherche sur le métier, l’école et les élèves, et aussi le plein d’émotions avec une belle fête consacrée à la littérature de jeunesse L’université d’automne du SNUipp a refermé ses portes...Encore une édition très réussie qui a permis de faire le plein des différents regards portés par la recherche sur le métier, l’école et les élèves, et aussi le plein d’émotions avec une belle fête consacrée à la littérature de jeunesse

Et voilà, l’université d’automne du SNUipp a refermé ses portes...jusqu’à l’année prochaine. Chacun est reparti avec en tête, espérons-le, le plein de réflexions et d’échanges sur le métier, l’école et les élèves. Et surtout les participants sont repartis avec le souvenir d’une émotion partagée lors de la séance plénière laissée à l’initiative d’Alain Serres pour les 15 ans de Rue du Monde.

Il faut dire que tous les plaisirs étaient réunis : musique, poésie, peinture, dessin, contes... un vrai feu d’artifice. L’éditeur de Rue du monde n’était pas venu seul ! Ses invités s’appelaient Pef, Zaü, Souleymane Mbodj, Stéphane Servant, Judith Gueyfier, Laurent Corvaisier, Max Butlen, Florence Lenoble.

On pourra bientôt retrouver toute l’université d’automne du SNUipp dans le Fenêtres sur cours spécial et sur le site avec les interviews des chercheurs.

Lire : une fête !

Autant d’acteurs, c’est normal puisque « Lire est une fête » ! Ce slogan dédié à cet instant a trouvé son écho dans une assistance ravie et captivée, une assistance de « princesses des écoles » ( bien sûr il y avait aussi des princes...). Dans un contexte où les enseignantes et enseignants, et leurs élèves, sont à la peine, quoi de mieux que de retrouver le sens de son travail, des valeurs et du plaisir qu’on essaie de partager tous ensemble. Et les mots, les livres, s’ils sont utiles pour aider à "s’insérer professionnellement", ils sont surtout là pour nous aider à nous émanciper, à partager notre humanité, à rêver. « Les mots, c’est comme les mômes. Les mômes ont besoin de récréation. Les mots qui ont une histoire, un état-civil, aussi, il faut que, de temps en temps, le chapeau ait une vie de château et le château ait une vie de chapeau...pour saluer les filles », a expliqué très sérieusement Pef. Pef qui balance entre les rires du Prince des mots tordus et les larmes des textes de Didier Daeninckx sur les camps de concentration. Il nous a raconté comment, enfant, il avait compris cette tragédie en découvrant une photo des camps en Une du Midi Libre. Dans sa générosité, il a livré aux participants la primeur d’un opéra qu’il a travaillé avec l’orchestre d’Ile de France et qui sera présenté en décembre prochain.

Le spectacle des mots

Pef c’est aussi son engagement pour tous les enfants, y compris ceux de RESF, en réponse à celui de Souleymane Mbodj. « Il faut valoriser nos ressemblances quelles que soient nos différences », voici l’entrée en matière de cet autre magicien des mots. Fruit du métissage entre son Sénégal d’origine et la France, il promène ses contes en paroles et en musique dans les écoles, les hôpitaux, bref partout où il y a des enfants.... ou des adultes prêts à continuer de l’être comme ce fut le cas dans la grande salle de Port Leucate. Mais les mots, tordus, contés, chantés, sont exigeants et requièrent de beaux habits pour les faire vivre, de belles couleurs pour les faire vibrer. La mise en scène de cette fête du livre n’a pas eu qu’un scénario, elle a eu son décor. Sur une grande feuille blanche de plusieurs mètres de long, Zaü le voyageur (et grand prix d’illustration 2011 pour « Mandela ») a commencé une illustration sur une scène de vie en Afrique pendant que Souleymane le conteur était en action : une immense page d’album à l’encre noire a pris forme sous nos yeux quelques peu sidérés. Cependant cette feuille devait être partagée. Et c’est Laurent Corvaisier qui est entré en scène avec ses aplats de couleurs vives avec le thème de la ville et la végétation, imposé par Alain Serres. Les formes de couleur de Laurent, posées – en apparence – comme un puzzle bousculé, ont peu à peu pris sens et ont rejoint le tableau de Zaü. C’est dans les traits noirs finaux que l’histoire de Laurent est apparue. Le travail d’illustrateur est complexe. « Comment fais-tu pour donner des ailes à un texte ? Sans rien lui retirer, ni lui ajouter ? » a demandé Alain Serres à Judith Greyfier, dont les illustrations sont particulièrement sensibles. Pas évident de répondre pour Judith : pour elle, dessiner est une seconde nature, sa façon de s’exprimer. Stéphane Servant, auteur de livre de jeunesse et de romans noirs, lui non plus ne s’est « jamais posé la question » quant au choix de la littérature de jeunesse. C’est arrivé du côté de l’enfance : « les livres étaient des fenêtres ouvertes dans une vie avec des moments douloureux ». Il s’est souvenu du « bien-être que cela faisait » quand sa grand-mère lui lisait des contes. Et aussi avec l’expérience de son engagement dans l’éducation populaire fondée sur un profond respect des enfants. D’où sa préoccupation si visible dans ses albums de laisser « pleins d’espaces » : il ne cherche pas à « faire de discours aux enfants, mais parler à voix basse, en laissant son espace au lecteur... ».

15 années de combat pour la littérature de jeunesse

… et pour la production artistique pour cette maison d’édition qui revendique « un projet éducatif ambitieux » et « c’est pour cela que l’on fait des bouts de route avec vous, SNUipp », a expliqué Alain Serres, entouré des auteurs et illustrateurs engagés à ses côtés. Il ne s’agit pas d’être « condescendant » avec les enfants, ce sont des personnes. Cependant « porter un regard sur le monde avec eux » n’est pas évident : que leur dit-on du monde ? Et comment ? « Tous les jours on est sur un fil », a-t-il conclu. La revendication artistique tente, quant à elle, de « conjuguer la sensibilité individuelle des créateurs » avec une certaine « intelligence sociale », une conjugaison plurielle en quelque sorte pour « être à la fois soi-même et tourné vers le monde ». Mais aujourd’hui il y a aussi le combat économique de métiers - imprimeurs, relieurs...-, d’une production littéraire et graphique, qui étaient particulièrement riches en France et qui sont en train de disparaître, notamment sous le coup de la crise, « même si nos livres font briller des yeux dans le monde ». Rue du Monde sort trente titres par an sur les 8 000 annuels et le beau travail, les choix éthiques ont un coût. Aussi instruire un enfant sur comment se fait un livre est terriblement important. En soulignant combien la situation actuelle pouvait apparaître peu satisfaisante, Max Butlen, maître de conférence à Cergy-Pontoise, a rappelé pourtant le chemin parcouru depuis l’aube des années 1980 où le livre de jeunesse était peu présent dans les écoles et l’entrée de la littérature de jeunesse dans les programmes de 2002. Bien sûr il y a eu des reculs, notamment en 2008, mais il ne désespère pas d’un nouveau renversement de situation, surtout du côté de la formation. Il ne craint pas cette « scolarisation » du livre de jeunesse et fait confiance aux enseignants pour en être les premiers passeurs. Un travail néanmoins partagé avec d’autres comme les bénévoles de l’association Lire et Faire lire, fondée par l’écrivain Alexandre Jardin, et représentée ici par Florence Lenoble, déléguée départementale de l’association.

Combat aussi pour la poésie

Triste nouvelle : le Printemps des poètes, créé il y a dix ans, est menacé de disparition du fait de la diminution de 40 % de sa subvention publique. Alain Serres a lu le message de Jean-Pierre Siméon relatant l’échec de ses démarches auprès du ministère et appelant à la solidarité : « Je sais pouvoir compter sur votre soutien pour que l’utopie du poème demeure, qui libère des peurs de l’imagination créative »... Un appel auquel a répondu le SNUipp en s’engageant à interpeller directement le ministère et à soutenir le Printemps des poètes.

Carte d’identité des princesses – et princes- des écoles à l’université d’automne

86,9 % de femmes et 13,1 % d’hommes. Ensembles ce sont à 96,5 % des professeurs d’écoles. Ils et elles enseignent en maternelle (38, 6 %) ou en élémentaire (50,6 %). 10,8 % sont spécialisés. Ils et elles viennent de 63 départements et 3 pays. On comptait 21,4 % de directrices-teurs, 12 % de maîtres formateurs ou conseillers pédagogiques ou adjoints (60,9 %). Plus de la moitié exercent en milieu urbain et 16,6 % en ZEP. Et même si l’université a ses fidèles, les 61,3 % déjà venus au moins une fois, 38,7 % étrennaient leur première participation.

 

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